08-04-2014 - Interview du président de l'ABV

Interview de John Blackwel, Président de l'Association britannique des vétérinaires,

réalisée par A.-C. Gagnon pour l’OABA, en avril 2014 :

 

OABA : Vous avez récemment donné une interview au Times, sur les conditions d'abattage des animaux dans les abattoirs. Etait-ce la première fois pour vous ou pour un responsable de la BVA (Association des vétérinaires britanniques) ? Ou avez-vous une tradition en Grande-Bretagne qui place la Profession vétérinaire en première ligne pour le bien-être animal ?

JB : En tant qu'un des membres de l'équipe de la BVA - Président élu - j'ai informé le journaliste de la position de longue date de notre association, qui  recommande que tous les animaux soient préalablement étourdis juste avant  d'être abattus de telle sorte qu'ils soient instantanément rendus insensibles à la douleur. En tant que vétérinaires, le bien-être des animaux est notre première préoccupation et ce n'est que notre devoir de porter à l'attention des politiques et du grand public les problèmes qui nous concernent tous. 

 

OABA : Avez-vous reçu, à la suite de cette interview, plus de félicitations de la part des vétérinaires que de contestations de la part des représentants des différentes confessions ?

JB : En tant qu'association, nous avons reçu une nombreuse correspondance sur ce problème. La plupart soutenant notre réaffirmation de nos positions. Comme on pouvait s'y attendre, nous avons aussi eu des opinions, diamétralement opposées aux nôtres. Nous croyons que l'expression de ces oppositions reflète une croyance religieuse profonde dans l'acte d'abattage réalisé sans étourdissement préalable. Tout en respectant ces croyances, nous pensons que les études scientifiques et les différents rapports établis par les commissions scientifiques (Dialrel 2010, FAWC) apportent la preuve, sans l'ombre d'un doute, que la procédure d'abattage sans étourdissement préalable est responsable d'une douleur considérable pour l'animal au moment de sa mise à mort.

 

OABA : Avez-vous tenté d'obtenir un consensus, entre les vétérinaires appartenant aux différentes confessions, juives et musulmanes ?

JB : Nous n'avons pas interrogé spécifiquement de vétérinaires qui pratiquent ces religions. Notre prise de position a été établie après une large consultation de nos membres et est basée sur les éléments d'évidence disponibles.

 

OABA : Avez-vous des contacts, sur ce sujet spécifique, avec vos collègues vétérinaires étrangers, à la tête des institutions vétérinaires en Europe, et les encouragez-vous à vous suivre ?

JB : Nous sommes informés que la Fédération des Vétérinaires Européens (FVE, organisation globale vétérinaire),  soutient une politique semblable à la nôtre.

 

OABA : Avez-vous en Angleterre un Comité du bien-être animal ?

JB : Différentes structures sont impliquées en Grande-Bretagne concernant les préoccupations du bien-être animal. Certaines sont gouvernementales, et d'autres non. La BVA a de nombreux comités et le bien-être animal les concerne tous. La BVA a également une association de protection indépendante, The Animal WelfareFoundation (AWF) qui est directement concernée par ces questions.

 

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