09-02-2016 - Expo tauromachique ą Nīmes : le parquet saisi

Pas moins de vingt-deux établissements scolaires, dont des écoles maternelles, ont été conviés par la municipalité nîmoise à l'exposition  « Tauromachies universelles » qui a eu lieu, du 6 au 17 janvier 2016, au  Carré d'Art,  musée d’art contemporain et bibliothèque municipale de la ville de Nîmes.

Les enfants ont eu à voir des scènes d'une violence rare, constatées par huissier : toreros et  taureaux ensanglantés, mises à mort en gros plan, homme soulevé par un taureau et encorné,… Des clichés en gros plan, visibles par tous, sans le moindre filtre ou message d’avertissement destiné au  jeune public.

Présente sur les lieux avec ses élèves de cinq ans, une enseignante, qui  souhaitait savoir si le contenu du documentaire était adapté aux enfants, a été qualifiée « d'anti-taurine obtuse qui refuse de connaître l'Histoire » par M. Viard, président de l'Observatoire national des cultures taurines et organisateur de cette exposition...

Saisis par l'Alliance Anticorrida, le ministre de l'Éducation nationale et l'inspecteur d'Académie n'ont pas encore pris position à ce jour.

« Obsédés par la défense de leur passion mortifère certains, dont plusieurs élus, ont perdu toute retenue et la distance la plus élémentaire qui devrait pourtant guider leurs choix, a fortiori lorsqu'il s'agit de protéger de très jeunes enfants » déclare, sous le choc, Claire Starozinski, présidente de l’Alliance Anticorrida.

Une colère partagée par Frédéric Freund, directeur de l’Œuvre d'Assistance aux Bêtes d'Abattoirs qui explique : « Pour contrer l’hémorragie des spectateurs, les promoteurs de corrida n’hésitent pas à racoler jusque dans les écoles. Ce n’est pas en banalisant la mise à mort d’animaux dans une exposition que l’on éduquera nos enfants au respect de tout être vivant »

De facto, l’infraction étant manifestement constituée, les deux associations ont porté plainte par voie d’avocat, le 8 février 2016, contre la ville de Nîmes, sur le fondement des dispositions de l’article 227-24 du Code pénal qui sanctionnent lourdement toute diffusion d’un message à caractère violent susceptible d’être perçu par des mineurs.



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