13-05-2016 - Expo pro Corrida à Nîmes : après le parquet, le juge d’instruction saisi

En janvier 2016, vingt-deux établissements scolaires, dont des maternelles, ont été conviés à l'exposition « Tauromachies universelles »  au  Carré d'Art,  musée et bibliothèque municipale de Nîmes.

Les enfants ont eu à voir des scènes d'une violence rare : taureaux agonisants, toreros ensanglantés, mises à mort en gros plan, un homme soulevé par un taureau la corne lui traversant la gorge,  taureau aux cornes enflammées, scènes crues d'expérimentation animale etc. Le tout sans le moindre message d’avertissement en direction du jeune public.

La municipalité, qui a invité les établissements par un mail intitulé « Rendez-vous tauromachiques à Carré d'Art », s'est largement félicitée d'accueillir cet événement dont le seul objet est la promotion de la tauromachie.

Présente avec ses élèves, une enseignante, qui souhaitait savoir si le contenu du documentaire était adapté aux enfants de cinq ans dont elle a la charge, a été qualifiée « d'anti-taurine obtuse qui refuse de connaître l'Histoire » par le présentateur qui a exercé des pressions sur sa hiérarchie...

L’infraction étant constituée, l’Alliance Anticorrida et l’Œuvre d'Assistance aux Bêtes d'Abattoirs ont porté plainte contre la Ville, représentée par son maire en exercice, pour la diffusion d’un message à caractère violent auprès de mineurs, par le biais de Me Marzials, avocat au barreau d'Alès.

Trois mois s'étant écoulés, sans réponse de la procureure de la  République malgré une relance, les deux associations ont déposé une plainte avec constitution de partie civile devant le doyen des juges d'instruction, aux fins de déclencher des poursuites pénales.

 «  Pour en faire les spectateurs de demain, la municipalité nîmoise s’est fait une spécialité du conditionnement des enfants et nos élus ont perdu la distance élémentaire qui devrait pourtant guider leurs choix » déclare, indignée, Claire Starozinski, présidente de l’Alliance Anticorrida, ajoutant : « En attirant l'attention sur les répercussions de la corrida en termes de choc affectif ou d'accoutumance à la violence chez les plus jeunes, notre démarche s'inscrit dans une double logique : la protection de l'enfant et celle de l'animal. »

Une colère partagée par Frédéric Freund, directeur de l’Œuvre d'Assistance aux Bêtes d'Abattoirs, qui explique : « Les promoteurs de corrida n’hésitent pas à racoler jusque dans les écoles et dans les quartiers difficiles. Or, ce n’est pas en banalisant la mise à mort d’animaux que l’on éduquera nos enfants au respect de tout être vivant  ! »



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