Sans offenser le genre humain
Elisabeth de Fontenay
Albin Michel


Quelle attitude adopter vis-à-vis des animaux ? Faut-il les protéger davantage ? Leur accorder des droits supplémentaires ? Cesser de les tuer et de les manger ? Il y a dix ans, la philosophe Élisabeth de Fontenay publiait Le Silence des bêtes (1998), rapidement devenu un livre de référence. Elle y analysait la façon dont la tradition philosophique occidentale, des présocratiques à Jacques Derrida, avait abordé l’énigme de l’animalité. Dans ce nouveau livre, elle poursuit sa réflexion et se penche sur la question du statut des animaux dans les sociétés d’aujourd’hui. Dans les débats actuels sur l’animalité, deux positions extrêmes se dessinent. D’un côté, il y a ceux qui, postulant une frontière nette entre les humains et les animaux, s’accommodent de l’exploitation et de l’extermination des seconds. D’un autre, il y a ceux qui, prétextant une absence de distinction radicale entre les espèces, veulent étendre les droits humains à certains animaux, à commencer par les grands singes, et préconisent le végétarisme.


É. de Fontenay défend une position médiane. Ce qui pourrait paraître raisonnable. Mais plutôt que d’argumenter posément, elle préfère s’insurger contre ceux qui prônent la fin de l’exception humaine. La virulence de ses attaques donne même l’impression qu’elle s’enflamme à l’idée que l’on remette en cause la singularité humaine. La portée de sa réflexion philosophique en sort diminuée. Mais cette remise en cause a le mérite incontestable de nous faire réfléchir en profondeur sur notre attitude envers les animaux.