Abattage mobile à la ferme

Le 15 avril 2019 est paru le décret relatif à l’expérimentation des abattoirs mobiles,
pour une période de quatre ans.

À ce jour, on note peu de projets concrets. Ces abattoirs mobiles sont avant tout des abattoirs et ils doivent respecter toutes les contraintes liées à l’environnement, au sanitaire (incluant l’inspection vétérinaire ante et post-mortem) et bien évidemment à la protection animale. Le dispositif mobile (un camion avec deux unités : l’une pour l’abattage, l’autre pour le traitement de la carcasse) coûte cher. Et il faut s’assurer, à défaut d’être rentable, que le système sera amorti sur une durée assez courte. La viabilité économique est sans doute le principal obstacle à ces dispositifs mobiles.

Ces projets ne révolutionneront pas le paysage de l’abattage en France, majoritairement industriel aujourd’hui. Ils feront émerger un marché de niche pour des consommateurs prêts à payer plus cher pour éviter un transport stressant aux animaux.

Il convient néanmoins de saluer l’initiative d’Emilie Jeannin, éleveuse de charolaises et porteuse du premier projet d’abattage mobile en France. L’OABA lui a remis sa médaille d’honneur lors de son Assemblée Générale 2020. Malheureusement, cette initiative n’a pas perduré suite à un redressement judiciaire.

La Confédération paysanne a élaboré un Guide pour favoriser le développement des abattages de proximité.

4 ans après le lancement de l’expérimentation, force est de constater les problèmes économiques de ces modèles d’abattoirs. Les projets de ce type sont intéressants et répondent à une demande, mais le modèle est encore trop instable pour se développer aujourd’hui.

Certains ont imaginé un système de « caisson » d’abattage qui ne ferait qu’abattre l’animal. La carcasse serait ensuite dirigée vers un abattoir traditionnel. Cela coûterait moins cher mais il sera compliqué de trouver des abattoirs qui accepteront de recevoir des carcasses d’animaux abattus en dehors de leurs murs, principalement pour des raisons d’hygiène. Pour s’en convaincre, il suffit de rappeler les difficultés que rencontrent les éleveurs pour faire traiter les carcasses de leurs animaux abattus « à la ferme » pour cause d’urgence (animaux blessés non transportables)…

 

La suppression de l’étape du transport (du chargement au déchargement) est un plus incontestable. Mais il n’est pas certain qu’avec un dispositif mobile les animaux seront « mieux » abattus qu’en abattoir immobile. Les risques de dérives humaines sont en effet inhérents à l’abattage, pas au caractère mobile ou immobile de l’abattoir.

Quelques références bibliographiques sur les abattoirs mobiles

Décret n° 2019-324 du 15 avril 2019 relatif à l’expérimentation de dispositifs d’abattoirs mobiles
_

NOR: AGRG1904341D, avril 2019

Site internet

Le décret précise les modalités de participation et d’évaluation de l’expérimentation applicable aux abattoirs mobiles.

Loi n° 2018-938 du 30 octobre 2018 pour l’équilibre des relations commerciales dans le secteur agricole et alimentaire et une alimentation saine, durable et accessible à tous
_

Journal officiel, novembre 2018

Site internet

Une expérimentation, pour une durée de 4 ans, concerne la mise en place des abattoirs mobiles (abattages à la ferme).