Les victoires historiques de l’OABA

Beaucoup de choses ont changé en un demi-siècle pour la protection des animaux en général et des “bêtes d’abattoirs” en particulier.

L’OABA, depuis plus de 50 ans, milite pour améliorer les conditions d’élevage, de transport et d’abattage des animaux que l’homme destine à sa consommation en France.

La création de l’œuvre d’assistance aux bêtes d’abattoirs (OABA) en 1961 a eu un rôle déterminant dans l’évolution des conditions d’abattage.

Tout a commencé lorsqu’une vieille ânesse, échappée de l’abattoir de Menton, se met sous la protection d’une femme et de sa fille. C’est ainsi que Jacqueline Gilardoni découvre le monde rude des abattoirs. Elle achète cette ânesse « Amigo » qui connaîtra enfin le repos et l’affection. Cet animal deviendra le symbole de toute une vie consacrée à la cause animale.

Un mouvement nommé Œuvre d’Assistance aux Bêtes d’Abattoirs est créé avec de nombreuses personnalités scientifiques et juridiques. L’emblème est une tête de vache, dessinée par Pio Santini, avec pour slogan : « Tous unis pour les défendre ». Après quatre années d’enquêtes dans les abattoirs (parfois clandestinement), d’études et de contacts dans les milieux spécialisés, Jacqueline Gilardoni crée l’OABA en 1961 dans le but d’obtenir la fabrication d’appareils d’insensibilisation et une réglementation pour rendre leur emploi obligatoire.

L’OABA est la première association en France qui œuvre depuis 50 ans pour la défense et la protection des animaux de ferme.

La philosophie de l’action de l’OABA réside dans cette phrase du Professeur Henri Drieux que Jacqueline Gilardoni aimait à citer : « Je crois que c’est une tâche exaltante que d’atténuer la souffrance, quel que soit l’être qui l’endure. »

Pour reprendre les propos de Mme Gilardoni : « L’OABA est une œuvre d’amour et d’efficacité. Une œuvre réaliste qui a su concrétiser son immense pitié envers les Animaux que l’Homme a destiné à son alimentation. »

2019

La Cour de justice de l’Union européenne, puis la Cour administrative d’appel de Versailles dans son arrêt rendu le 11 juillet 2019, ont donné raison à l’OABA dans le litige qui l’opposait à la France depuis 2012. Le label Bio et son logo ne sont pas compatibles avec des viandes issues d’animaux ayant fait l’objet d’un abattage sans étourdissement préalable, ne respectant pas les normes élevées de bien-être animal exigées par le cahier des charges « production biologique ».

2018

Une première en France avec le lancement d’un étiquetage bien-être animal par Casino en concertation et avec le travail d’experts de 3 ONG françaises : l’OABA, la LFDA et le CIWF pour guider tous ceux et celles qui souhaitent faire un achat éclairé sur les produits à base de volailles. D’autres initiatives de distributeurs suivront dans un élan de transparence à l’égard du consommateur.

2017

L’OABA et 20 ONG de protection animale ont adressé une lettre au Président de la République afin de lui rappeler l’un de ses engagements de campagne : l’arrêt des cages pour les poules pondeuses.

« Ensemble mettons fin au cauchemar des cages » est devenue une initiative citoyenne européenne (ICE) soutenue par l’OABA et 130 ONG demandant la fin de l’élevage en cage des animaux, poules pondeuses, lapins et cailles, dans toute l’Union européenne ! Cette initiative a recueilli plus d’un million de signatures et a pu être soumise au législateur européen.

2013

Un premier guide de bonnes pratiques pour la protection des ruminants en abattoirs est édité à la suite des travaux extraits de la thèse de doctorat vétérinaire du Dr Audrey Groensteen, qui recevait le prix de thèse Jacqueline Gilardoni cette année-là.

2012

L’OABA aide la journaliste Anne de Loisy à réaliser un reportage inédit pour Envoyé Spécial, dans un abattoir, afin de révéler les conditions d’abattage des animaux et en particulier, la réalité de l’abattage rituel sans étourdissement.

2011

L’OABA fête son 50ème anniversaire à l’Assemblée Nationale en présence de l’historien et académicien Alain Decaux.

L’OABA participe à une vaste campagne de sensibilisation pour dénoncer la pratique cruelle de l’abattage rituel sans étourdissement préalable et la tromperie du consommateur.

2010

Une délégation de l’OABA rejoint la manifestation qui a rassemblé plus de 3000 personnes contre la Corrida à Nîmes en septembre 2010. Une proposition de loi interdisant la corrida et les combats de coq est déposée à l’Assemblée Nationale et signée par 70 députés. En Espagne, le parlement catalan vote l’interdiction des corridas.

2009

L’OABA dépose un recours contre un décret modifiant la nomenclature des installations classées des élevages de volailles et obtient l’annulation de ce décret par un arrêt du Conseil d’État du 23 avril 2009. Le ministère de l’écologie est condamné à verser 2000 euros à l’OABA.

L’OABA intervient chaque année sur le terrain lors de l’Aïd el Kebir. En 2009, l’OABA a déposé plainte contre les organisateurs d’un abattage illégal dans les Bouches-du-Rhône où 2000 moutons étaient sacrifiés. Des peines de prison ferme ont été prononcées par le tribunal.

2007

Un nouveau logo est créé, où les 4 lettres OABA sont clairement identifiées et accompagnées de 4 silhouettes d’animaux qui illustrent les principales espèces protégées par l’OABA de l’élevage à l’abattoir.

2002

Une directive européenne de 2002 rend obligatoire le marquage des œufs pour informer le consommateur sur le mode d’élevage des poules pondeuses. Cette nouvelle réglementation récompense une lutte de plus de 20 ans contre les “œufs de souffrance” que dénonçait Jacqueline Gilardoni.

2001

Jacqueline Gilardoni nous quittait le 23 février 2001 après avoir présidé pendant 40 ans l’association qu’elle avait créée. Jean-Pierre Kieffer succède à Jacqueline Gilardoni comme elle l’avait souhaité. Cette année 2001, l’OABA obtient, grâce à Maître Alain Monod, une décision importante du Conseil d’État par un arrêt rendu le 10 octobre qui annule la circulaire conjointe des ministres de l’Agriculture et de l’Intérieur autorisant des sites dérogatoires hors abattoir pour le déroulement de l’Aïd el Kébir.

1999

La loi du 6 janvier 1999 donne la possibilité aux tribunaux de retirer des animaux maltraités et de les confier à une association de protection animale. Ainsi, l’OABA accueille très souvent des troupeaux entiers de vaches et de moutons et en assume la charge. La première pension du « troupeau du bonheur » de l’OABA est créée en Savoie grâce à son délégué Gil Raconis.

1997

L’OABA obtient, après de nombreuses années d’effort, un décret rendant obligatoire une mort instantanée des poussins de un jour, appelés « poussins refusés » après le sexage. Ce même décret du 12 décembre 1997 réglemente les conditions d’abattage.

1990

L’OABA obtient l’annulation par le Tribunal administratif de Paris d’un arrêté municipal autorisant l’abattage sur un terrain communal pendant la fête de l’Aïd el kébir. C’est le début d’une longue lutte menée grâce à Me Alain Monod contre les sites dérogatoires qui fonctionnaient en infraction à la réglementation interdisant l’abattage en dehors d’un abattoir.

1984 – 1986

L’OABA obtient l’abrogation par le Conseil d’État d’un décret de 1980 que Jacqueline Gilardoni qualifiait de “décret scélérat”. Il subordonnait en effet l’abattage d’urgence d’un animal gravement accidenté à l’autorisation de son propriétaire. Après l’abrogation du décret scélérat de 1980, l’OABA obtient la publication d’un décret le 14 mars 1986 autorisant l’abattage sur place des animaux malades ou gravement accidentés, sur décision d’un vétérinaire, sans avoir besoin de l’avis du propriétaire.

1982

Le 25 octobre 1982, suite à des années de dénonciation par les inspecteurs de l’OABA, un arrêt est publié, relatif aux conditions de stabulation des animaux sur les marchés.

1978

La déclaration universelle des droits de l’animal est promulguée solennellement, à la maison de l’UNESCO à Paris, le 15 octobre 1978, grâce au Professeur Georges Heuse que l’on voit aux côtés de Théodore Monod. Ces deux hommes sont parents avec nos administrateurs Danielle Heuse et Alain Monod.

1972 – 1973

L’OABA fait des propositions pour une réglementation de l’élevage industriel, après l’adoption d’une recommandation par le Conseil de l’Europe, en 1971. L’OABA lance une grande enquête dans le journal Le Figaro sur les élevages industriels des veaux. Jacqueline Gilardoni dénonce l’élevage en batterie des poules pondeuses et les “œufs de souffrance”.

1965

L’OABA est reconnue d’utilité publique en France par décret publié au Journal officiel du 23 décembre 1965. Les adhérents seront nombreux et les sympathisants se compteront par milliers dans le monde scientifique, la profession vétérinaire et le monde des lettres.

1962 – 1964

Une pétition, procédé peu employé à l’époque, réunit en quelques mois plus de 150 000 signatures dont celles de personnalités et d’artistes, comme Edith Piaf. Cette pétition qui demande l’instauration d’un abattage humanitaire est illustrée d’une photographie pathétique qui sera prise en considération par le ministre de l’Agriculture, Edgar Pisani.

Le 5 août 1963, Edgar Pisani accorde à L’OABA le Haut patronage du ministère de l’Agriculture. L’Académie Française couronne l’OABA en lui attribuant le Prix Vialles.

Sous la pression de l’OABA, le 16 avril 1964 le décret “d’abattage humanitaire” rend obligatoire l’étourdissement des animaux de charcuterie et de boucherie, en prévoyant l’exception de l’abattage rituel.

1961

Les statuts sont déclarés à la Préfecture de police le 17 avril 1961. Le but est “de défendre et assister les animaux de boucherie durant leur vie, leur transport et leur abattage par la proposition de lois appropriées. Chaque fois que cela lui sera possible, racheter, placer ou entretenir une bête dite de boucherie”. Dès la première année, des appareils d’étourdissement importés d’Angleterre sont confiés par l’OABA à des abattoirs et un armurier français est chargé de mettre au point un prototype de pistolet pour le petit bétail. Cette même année, l’OABA prépare un projet de loi concernant l’abattage des animaux. Ce texte prévoit l’obligation d’un assommement, c’est-à-dire l’insensibilisation.