Mission OABA : Sauvetages d’animaux maltraités

Lorsque l’OABA était fondée en 1961, elle intervenait surtout dans les abattoirs. Mais elle a su, au fil du temps, répondre à d’autres détresses, notamment à celles des animaux d’élevage maltraités ou abandonnés.

L’OABA et les sauvetages : une mission essentielle

Une mission qui ne fait que se renforcer tant la condition de certains éleveurs devient difficile. Aujourd’hui, les sauvetages de troupeaux en difficulté constituent la principale activité de l’OABA en terme de budget. En 10 ans, l’OABA a pris en charge plus de 7000 animaux (bovins, ovins, caprins et équidés) à qui souffrance et longue agonie ont ainsi été évitées.

Pourquoi le retrait d’animaux ?

Généralement, les retraits se justifient soit par une situation d’urgence caractérisée, soit par la répétition de nombreuses non-conformités constatées par les services vétérinaires. Les animaux ne peuvent plus rester dans leur ferme car ils sont en danger du fait de leur délaissement : abandon de soins, absence de nourriture et d’abreuvement.

Le plus souvent, l’OABA intervient à la demande des services vétérinaires (DDPP). Il n’existe pas de “fourrière pour animaux de rente” administrée ou financée par l’État ou les collectivités territoriales. Lorsqu’il devient nécessaire de retirer des animaux, les services vétérinaires doivent faire appel à des associations de protection animale.

Bien souvent, avant qu’un retrait soit envisagé, des actions correctrices sont demandées, des délais sont accordés, des mises en demeure sont effectuées, des réductions du cheptel sont réclamées, des discussions ont lieu avec les autres professionnels pour le placement des animaux et l’aide à apporter aux éleveurs. Mais il arrive parfois que plus aucune issue ne soit possible, la situation économique trop difficile avec des enjeux de sécurité et de bien-être, tant humains qu’animaliers. Les retraits d’animaux constituent alors la solution ultime.

En moyenne, l’OABA engage chaque année 25 à 40 procédures contentieuses, principalement judiciaires, pour mauvais traitements et abandon d’animaux de ferme.

Vidéo présentant le travail des différents intervenants lors des sauvetages par l’OABA d’animaux maltraités ou abandonnés :

Les sauvetages d’animaux de l’OABA en chiffres :

animaux pris en charge sur 10 ans

%

des dépenses en 2018, soit le premier poste

fermes partenaires réparties en France

procédures judiciaires en moyenne par an contre les auteurs de maltraitance animale

Comment s’effectue un sauvetage ?

Comment débute un retrait ?

Les services vétérinaires sollicitent notre assistance. Puis le Parquet est saisi pour prendre une décision judiciaire de placement.

Et que fait ensuite l’OABA ?

Des prestataires sont contactés : transporteur, vétérinaire, berger et son chien, fournisseurs de matériel…

Qui accompagne l’OABA ?

Les services de l’Etat et souvent les forces de l’ordre accompagnent l’OABA et les prestataires.
La souffrance animale est souvent associée à la détresse humaine, un acte extrême n’est pas à écarter.

Où vont les animaux récupérés ?
Qui les prend en charge ?

Ils sont accueillis dans des fermes conventionnées par l’OABA pour y recevoir les soins vétérinaires et leur régularisation administrative (identification, vaccination).
L’OABA prend en charge ces frais et assure le bien-être des animaux.

Mes services ont fait appel à plusieurs reprises à l’OABA pour des retraits d’animaux. La réponse a toujours été positive et efficace lorsqu’il a fallu agir en extrême urgence, pour des animaux en danger de mort s’ils restaient dans leurs élevages. À chaque retrait, les personnes qui sont intervenues sur site ont agi avec un très grand professionnalisme, dans des conditions souvent difficiles. Elles ont toujours fait preuve de la plus grande humanité. Dans certains cas, ils ont eu affaire à des personnes fragilisées psychologiquement. C’est ainsi que je n’hésite pas à écrire qu’au-delà de certains sauvetages d’animaux, ce sont aussi parfois des sauvetages humains qui ont été réalisés.

Thomas Clément

Docteur vétérinaire, Directeur DDCSPP de la Haute-Saône

Mon frère, petit producteur laitier, a connu des situations difficiles en 2014. Il pensait au suicide. Ses animaux auraient pu se retrouver à l’OABA. C’est le contraire qui s’est passé. Début 2015, l’OABA lui a confié un troupeau de chèvres sauvées par l’association, auxquelles il s’est attaché. La reconnaissance de son travail, c’est mieux que des aides. Il a retrouvé la fierté de son métier. L’OABA ne sauve pas que des animaux, elle sauve aussi des hommes. C’est pour cela qu’il faut soutenir l’OABA en lui donnant les moyens d’agir.

Un éleveur

Le professionnalisme et l’humanité dont ont fait preuve les bénévoles de l’OABA dans le traitement de situation délicate m’ont été rapportés. Mes plus vifs remerciements pour la qualité de l’intervention de l’équipe aux côtés de mes services, de la gendarmerie et des représentants de la commune. Je mesure pleinement l’investissement de l’OABA en matière de protection animale et salue le dévouement des bénévoles au service de cette cause à laquelle je suis moi-même très attachée. 

Christine Wils-Morel

préfète de la Lozère (avril 2018)

Transporteur d’animaux, je suis souvent sollicité par l’OABA pour récupérer des animaux abandonnés ou maltraités. C’est toujours dramatique et douloureux de voir l’état lamentable des animaux et la situation désastreuse de leur propriétaire. Grâce à l’OABA et aux services de l’État, on peut ainsi mettre fin à ces souffrances. La satisfaction, après ces enlèvements, est de voir les animaux reprendre des forces grâce aux bons soins des éleveurs des fermes d’accueil où ils trouvent de la bonne herbe, du foin et de l’eau potable. Souhaitons que l’OABA puisse continuer longtemps pour sauver ces animaux. 

Max Josserand

Transporteur

Une lourde charge financière

L’accueil des animaux, les soins vétérinaires et les frais d’hébergement sont supportés par l’OABA, sachant que l’association ne bénéficie d’aucune subvention.

Les ressources de l’OABA ne reposent que sur la générosité publique (dons des particuliers).

Une charge d’autant plus lourde que les délais de jugement sont longs, entre un et deux ans, sans compter les appels et pourvois en cassation qui génèrent de très lourds frais d’avocats.

La loi permet de récupérer auprès des propriétaires maltraitants les dépenses engagées par l’OABA pendant la période de garde. Mais leur situation financière permet rarement d’obtenir le règlement des sommes dues.

Ainsi, presque les 2/3 du budget de l’OABA sont consacrés à cette mission, une somme qui augmente chaque année. Un budget qui nous permet de garder certains animaux au sein du Troupeau du bonheur mais pas tous, sous peine de ne plus pouvoir financer nos actions et assurer le sauvetage d’autres animaux en souffrance.

L’essentiel pour l’OABA, c’est que les animaux soient retirés de leur enfer et ne meurent pas de faim, de soif ou d’absence de soins.