Le 9 février 2026, l’OABA (représentant le CNPA) a participé au Conseil National d’Orientation de la Politique Sanitaire Animale et Végétale (CNOPSAV) autrement appelé “Parlement de l’élevage”, au ministère de l’Agriculture. L’enjeu était majeur : définir la stratégie vaccinale contre la Dermatose Nodulaire Contagieuse (DNC) bovine pour l’année 2026. Entre prévention minimale et incertitudes sur les protocoles d’abattage, le bilan de cette réunion est mitigé.

Trois scénarios pour l’avenir du cheptel français

 

Face à la DNC, trois options ont été soumises au vote des membres délibérants :

  1. L’arrêt total de la vaccination.
  2. La reconduction de la vaccination uniquement dans les territoires déjà impactés (principalement le Sud-Ouest, Auvergne-Rhône-Alpes et Bourgogne-Franche-Comté).
  3. La vaccination généralisée sur l’ensemble du territoire français continental.

À une large majorité, c’est l’option 2 qui a été retenue. Elle concernera environ 2 millions de bovins. Si cette décision permet de maintenir une barrière sanitaire là où le virus a déjà circulé, l’OABA regrette le manque d’ambition nationale. Comme l’a rappelé le docteur-vétérinaire Jean-Yves Gauchot durant les débats, « 1 € investi en prévention permet d’économiser 7 € en gestion de crise ».

La position de l’OABA : vacciner plutôt que “dépeupler”

 

L’OABA a voté en faveur d’une vaccination sur l’ensemble du cheptel français. Pour nous, la vaccination n’est pas seulement un outil sanitaire, c’est un rempart éthique contre l’euthanasie de masse.

Nous sommes conscients des contraintes économiques et matérielles qu’une telle campagne représente. Toutefois, en l’absence de garanties sur l’évolution des protocoles d’abattage, il nous était impossible de statuer autrement.

Des questions restées sans réponse

 

Malgré nos sollicitations répétées auprès du ministère, le flou persiste sur des points majeurs :

  • Le protocole d’abattage : quel sera le sort des animaux en cas de foyer détecté dans un élevage correctement vacciné ? La ministre n’a apporté aucune réponse concrète, nous renvoyant aux travaux en cours.
  • L’alternative à l’abattage total : le CIRAD a été mandaté pour étudier des alternatives à l’abattage systématique dans les zones bénéficiant d’une immunité vaccinale forte (75 % de couverture). Les résultats ne sont attendus que dans 6 mois.

“Ce délai est préoccupant. Le risque de résurgence de la maladie est réel dès le printemps, et nous craignons que, faute de protocole actualisé, l’abattage total reste la seule réponse administrative, même pour des animaux protégés.” Jimmy Gouedard, adjoint du directeur de l’OABA

 

Une vigilance de chaque instant

 

L’OABA ne peut se satisfaire d’une stratégie “a minima”. Nous continuerons à soutenir que la science et l’éthique doivent l’emporter sur des décisions administratives. Vacciner est un acte de protection ; abattre des animaux potentiellement sains ou immunisés est un échec sanitaire que nous pouvons difficilement accepter.

Contacts Presse OABA : Frédéric Freund (directeur de l’OABA) f.freund@oaba.fr / 01 43 79 46 46 – Jimmy Gouédard (adjoint du directeur) j.gouedard@oaba.fr / 01 43 79 46 46

[A propos de l’OABA]
L’Œuvre d’Assistance aux Bêtes d’Abattoirs (OABA), fondée en 1961 et reconnue d’utilité publique en 1965, est une association française dédiée à la protection des animaux de ferme, depuis leur élevage jusqu’à leur abattage. L’OABA mène des audits dans les abattoirs pour veiller au respect des normes de protection animale, tout en intervenant dans le sauvetage d’animaux maltraités ou abandonnés qui sont saisis par les autorités judiciaires, pour être ensuite placés dans des fermes partenaires de l’association. Elle sensibilise également le public à une consommation responsable et joue un rôle consultatif auprès des institutions pour faire évoluer les réglementations. Ses actions sont financées grâce à la générosité des donateurs et des parrainages.

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