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Nouvelle enquête de L214 ce jeudi dans un abattoir de dindes du Cher (Blancafort)

Après une vie dans un élevage concentrationnaire où les dindes ne voient ni un brin d’herbe ni un rayon de soleil, celles-ci sont tassées dans des caisses inadaptées, ce qui occasionne inconfort, stress voire suffocation durant le transport. Nombreuses sont celles qui arrivent mortes à l’abattoir.

Les dindes sont ensuite extirpées des caisses et suspendues conscientes à la chaîne de l’abattoir, par les tarses, ce qui est reconnu comme étant douloureux (mais légal). La chaîne va parcourir un long circuit avant d’arriver au bac d’eau électrifiée. Des dindes restent accrochées la tête en bas, conscientes, sur une durée qui dépasse le maximum autorisé par la réglementation. Cela occasionne une extrême souffrance prolongée. Par ailleurs, lorsqu’elles sont suspendues aux crochets, les dindes doivent relever la tête pour ne pas racler le plancher métallique ! Ces violations de la réglementation sont majeures.

Une fois de plus, nous sommes en présence d’infrastructures qui ne permettent pas de respecter la réglementation.

Les services vétérinaires ferment les yeux.

Et que dire des abattoirs non agréés de volailles qui bénéficient d’un sursis européen jusqu’à la fin de l’année mais que le gouvernement français veut pérenniser…?

Mais il y a pire.

Un « audit bien-être animal » généralisé de tous les abattoirs de volailles s’impose

 

Nous avons soumis cette enquête à notre délégué coordinateur Michel Courat, Docteur vétérinaire et expert européen en bien-être des animaux de ferme. Selon lui, les abattoirs de dindes (ainsi que les élevages de dindes, sans parler de la collecte et du transport) sont pratiquement tous dans l’illégalité. Celui-ci n’échappe pas à la règle, mais bien d’autres abattoirs ont des pratiques encore plus abominables. Ce qui n’a rien de rassurant.

La seule méthode d’abattage qui serait acceptable pour les dindes, et qui est déjà pratiquée dans de trop rares abattoirs à ce jour, est l’étourdissement gazeux. L’OABA recommande exclusivement cette méthode pour les volailles.

Le docteur Courat, expert en audits de protection animale en abattoirs, est surpris de la manière dont les animaux sont accrochés dans cet abattoir filmé : l’opérateur est loin d’être aussi brutal que dans la plupart des abattoirs de poulets de chair (excepté ceux qui bénéficient d’une bonne note sur l’étiquette bien-être animal). Le Dr Courat souligne en outre, qu’à son avis, « il y a beaucoup d’autres non-conformités majeures sur la chaîne, qui n’ont pu être filmées. »

En résumé, nous dit-il : « Ce sont des images affreuses, qui pourtant ne m’incitent pas à demander la fermeture de cet abattoir en particulier, car il y a bien pire malheureusement, mais qui me confortent dans l’idée d’encourager l’arrêt des abattoirs pratiquant l’électronarcose, de demander l’application stricte de la réglementation, et le retour des vétérinaires dans les abattoirs de volailles de façon permanente. Dans un premier temps, il me semble qu’un audit bien-être animal généralisé de TOUS les abattoirs de volailles s’impose. Quant aux visites d’élevage, je serais curieux de savoir à quelle fréquence elles sont effectuées par les services vétérinaires, alors qu’elles sont règlementaires. »

La préfecture du Cher annonce une correction des non-conformités

 

Pour l’OABA, impossible que cette correction se soit faite en 48h ! Il s’agit plutôt d’une « annonce de corrections »…

Sur le site Alim’confiance, on constate que cet abattoir de Blancafort est jugé SATISFAISANT selon une inspection de mars 2020.

Il est donc évident que ce sont les images diffusées par L214 qui ont conduit la Préfecture a mettre en demeure l’abattoir. Pour autant, vu les problèmes structurels au sein de cet abattoir et les non-conformités majeures relevées depuis des années, cette mise en demeure aurait dû intervenir bien plus tôt.

Une fois de plus l’OABA dénonce la mascarade de ce site Alim’confiance qui est destiné à rassurer les consommateurs citoyens mais nullement à dire la vérité sur l’état de nos abattoirs.

En 2016, le ministre de l’Agriculture Stéphane Le Foll avait exigé un audit protection animale de tous les abattoirs de boucherie. Le ministre Julien Denormandie serait bien inspiré de solliciter cet audit généralisé pour les abattoirs de volailles !

Article mis à jour le 21/12/20

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