Poulets LDC – Aperçu du logo « bien-être animal » trompeur
Paris, le 14 septembre 2026 –
À l’occasion du lancement commercial ce jour d’un logo « Bien-être animal, filière agricole engagée » par le groupe LDC, leader français de la volaille, les associations CIWF, LFDA, OABA et WELFARM alertent sur la multiplication des allégations commerciales surfant sur le thème du bien-être animal. Il y a quelques mois, c’était le logo « Élevages bien-être » de la Cooperl, un des leaders de la production porcine. Présentées comme des avancées significatives sur le bien-être animal, ces initiatives pourraient bien au contraire induire en erreur les consommateurs. C’est la raison pour laquelle nos organisations saisissent la DGCCRF.
Le logo de LDC : une démarche marketing outrancière
En juillet 2025, LDC s’est engagé à rendre conforme une partie de sa production, d’ici 2028, aux critères de l’European Chicken Commitment (ECC*), une initiative que nos organisations avaient unanimement saluée.
Aujourd’hui, le leader européen du poulet lance un logo « Bien-être animal, filière agricole engagée » destiné à être apposé sur les produits conformes à l’ECC, mais aussi sur l’ensemble des produits relevant d’un référentiel socle de 5 « garanties de bien-être animal ».
Or ce socle autorise l’élevage de poulets à croissance rapide, ainsi qu’une densité d’animaux jusqu’à 38 kg/m² (soit environ 19 animaux par m²). Ces deux pratiques sont interdites dans le cadre de l’ECC, car contraires aux prérequis pour un état de bien-être minimal, comme le soulignent l’EFSA dans son avis sur le bien-être des poulets et de nombreux travaux scientifiques.
Pour nos organisations, un logo faisant valoir le bien-être animal ne peut pas être apposé sur des produits issus de poulets à croissance rapide (parfois appelés turbopoulets) et élevés à de fortes densités, sans tromper ouvertement les consommateurs.
Le logo de la Cooperl, une promesse qui prête à confusion
Lancée officiellement le 5 juin 2024, la démarche « Elevages Bien-Être » de la coopérative agricole Cooperl, rassemble environ 1000 éleveurs. Elle est construite autour de trois piliers : « bien-être de l’homme, bien-être de l’animal, réduction de l’impact environnemental ». Le pilier bien-être animal couvre des critères relatifs au confort, à la santé des animaux, au comportement, à la stimulation de l’activité et à l’environnement.
Nos organisations constatent un manque de transparence et de précisions sur les exigences réelles de la démarche (indicateurs, niveaux d’exigence, modalités de contrôle…). Et contrairement à ce que peut laisser croire le logo « Élevages Bien-Être », la démarche vise principalement à valoriser des promesses et non à garantir l’effectivité de l’ensemble des pratiques mises en avant.
De surcroit, bien que certains objectifs déjà atteints, tels que l’arrêt de la castration des porcelets, soient à saluer, des pratiques pourtant contraires aux principes fondamentaux du bien-être animal peuvent avoir cours dans les élevages qualifiés « Elevages Bien-Être », telles que l’absence de litière dans les cases, la contention des truies gestantes et allaitantes…
Pour nos organisations, un logo se référant au bien-être animal ne peut en aucun cas être utilisé pour valoriser des produits issus de telles pratiques.
Par ailleurs, l’entreprise crée la confusion avec une appellation “bien-être” qui recouvrirait des enjeux environnementaux et sociaux, alors que ce terme est le plus souvent utilisé pour le sujet du bien-être animal.
Pour une réelle considération du bien-être des animaux d’élevage et une information juste des consommateurs
Au-delà de ces deux cas emblématiques, nous alertons sur la multiplication des logos et autres allégations portant sur le bien-être animal. Ces dernières doivent garantir un niveau d’exigence fondé scientifiquement et une information fiable.
Il existe depuis plusieurs années en France une initiative pionnière, un étiquetage dédié au bien-être animal, l’Etiquette Bien-Être Animal, coconstruite tout autant avec des producteurs, des transformateurs, des distributeurs, des ONG de protection animale et le concours de scientifiques reconnus. Cet outil permet d’informer les consommateurs de façon objective et vérifiable.
Pour nos organisations, malgré des intentions affichées de soutenir les transitions, la multiplication de logos sans valeur précise ne sert qu’à entretenir la confusion, à déprécier la notion même de bien-être animal et par conséquent à prendre des parts de marché aux productions réellement engagées vers un meilleur bien-être animal.
Nos organisations saisissent ce jour la DGCCRF de ces deux démarches « Bien-être animal, filière agricole engagée » de LDC et « Élevages Bien-Être » de la Cooperl, et attendent une réponse ferme des pouvoirs publics. Nous appelons les producteurs, les acteurs de l’agroalimentaires et les distributeurs à ne pas utiliser de manière abusive des références au bien-être animal à des fins marketing, et les consommateurs à la plus grande vigilance.
Contacts presse :
Frédéric Freund, directeur de l’OABA : f.freund@oaba.fr
Malika Bêche-Capelli, chargée de relations presse : m.beche-capelli@giesbert-mandin.fr
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