L’OABA (Œuvre d’Assistance aux Bêtes d’Abattoirs) exprime publiquement son étonnement et son indignation suite à la publication de la circulaire interministérielle encadrant le prochain Aïd al-Adha. En s’immisçant dans l’interprétation religieuse, l’État sort de son rôle et signe un fort recul en matière de laïcité et de protection animale.
La circulaire interministérielle pour le prochain Aïd (qui doit débuter le 26 mai) a été diffusée fin avril. Si le texte rappelle les risques sanitaires, il contient cette année une nouveauté inacceptable : une phrase (ici surlignée) expliquant la symbolique religieuse de la fête et affirmant qu’il est « religieusement recommandé » de procéder au sacrifice d’un animal.
L’État se fait l’exégète du dogme : une dérive de laïcité
L’OABA dénonce fermement ce net glissement sémantique. En vertu de la loi de 1905, l’État ne reconnaît aucun culte. Le rôle des ministères de l’Intérieur et de l’Agriculture doit se borner à la mobilisation des moyens logistiques, à la sécurité sanitaire et au respect du Code rural.
Une circulaire n’a pas pour vocation d’expliquer le « pourquoi » spirituel, mais le « comment » réglementaire. En utilisant des termes comme « recommandé », l’État semble se faire l’exégète du dogme et encourage un rite qui génère, outre un flux massif d’animaux difficilement contrôlable, des souffrances extrêmes pour les animaux.
Une affirmation erronée : le sacrifice n’est pas une exigence
Présenter le sacrifice comme « religieusement recommandé » dans un texte administratif est doublement problématique.
- C’est faux : l’Aïd ne fait pas partie des 5 piliers de l’Islam. Si la prière ou le jeûne sont des piliers, le sacrifice du mouton est une tradition (sounna) et non une exigence religieuse intangible.
- C’est faire fi du contexte : de nombreux théologiens rappellent que ce rite peut être remplacé par un don financier ou une aumône. L’exemple du Roi du Maroc, qui a demandé d’annuler le sacrifice l’an dernier pour des raisons de sécheresse, prouve que l’acte est subordonné à l’intérêt général.
© Coco/ Charlie Hebdo
Protection animale : de franches marches-arrière
Il est profondément contradictoire de voir l’État communiquer d’un côté sur la création d’une cellule interministérielle contre la maltraitance animale et, de l’autre, publier une circulaire cosignée par les mêmes ministres et préconisant le sacrifice d’un animal.
« Ce ne sont même plus des pas de côtés, ce sont franchement des marches-arrière en matière de protection animale », déplore le Docteur-vétérinaire Manuel Mersch, président de l’OABA. Comment l’État peut-il souligner des risques sanitaires majeurs (fièvre aphteuse, peste des petits ruminants) tout en qualifiant de « recommandé » un acte qui multiplie la souffrance animale et les difficultés de contrôle ?
L’OABA interpelle les deux ministres
L’OABA a adressé, ce jeudi 7 mai, un courrier aux deux ministres signataires ainsi qu’au bureau des cultes et à la Direction Générale de l’Alimentation (DGAl).
Notre demande est simple et factuelle : l’État doit rester dans son rôle. Nous demandons la suppression de ce passage à l’avenir. Le gouvernement doit se limiter à contrôler que les abattages s’effectuent au sein de structures agréées, sous la surveillance d’inspecteurs vétérinaires, afin de garantir le respect des règles d’hygiène, d’environnement et de protection animale.
Contacts presse :
Frédéric Freund – Directeur de l’OABA – f.freund@oaba.fr – 01 43 79 46 46
Malika Bêche Capelli – Relations presse – m.beche-capelli@giesbert-mandin.fr – 06 47 27 74 29
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