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Abattage rituel : le ministère avoue lui-même ne pas avoir de statistiques sur le nombre d’animaux concernés

« Le ministère de l’agriculture ne dispose pas, aujourd’hui, de statistiques consolidées concernant la production de viandes issues d’animaux abattus sans étourdissement préalable à la saignée. »

C’est dit, et ça a le mérite d’être clair.

Souvenez-vous de cette question posée le 15 juillet dernier par Arnaud Bazin :

M. Arnaud Bazin attire l’attention de M. le ministre de l’agriculture et de l’alimentation sur des contradictions relatives aux statistiques des viandes issues d’abattage sans étourdissement.

En réponse à sa question n° 21992, il l’a informé le 17 juin 2021 (Journal officiel des questions du Sénat, p. 3828) que « le ministère de l’agriculture ne dispose pas de donnée statistique en lien avec la production ou la demande de viande spécifiquement issue de l’abattage rituel ».

En 2016, lors de l’audition dans le cadre de la commission d’enquête de l’Assemblée nationale sur les conditions d’abattage des animaux de boucherie dans les abattoirs français, le directeur général de l’alimentation avait annoncé que, « selon les chiffres pour 2014, 15 % des bovins et 27 % des ovins sont concernés par l’abattage rituel ».
Il s’étonne donc que de tels chiffres ne soient plus disponibles en 2021.

Par ailleurs, dans la réponse du 29 septembre 2020 à la question 39504 d’un député, il rappelait, à juste titre, que la réglementation nationale (arrêté du 28 décembre 2011 relatif aux conditions d’autorisation des établissements d’abattage à déroger à l’obligation d’étourdissement des animaux) introduit des conditions strictes à l’autorisation de la dérogation d’obligation d’étourdissement préalable, dont « un système d’enregistrement permettant de vérifier que l’usage de la dérogation correspond bien à des commandes commerciales qui le nécessitent ».

Il souhaiterait donc savoir si oui ou non le ministère de l’agriculture dispose de statistiques en lien avec la production ou la demande de viande spécifiquement issue de l’abattage rituel.

Dans la négative, il aimerait savoir de quelle façon s’effectue le contrôle de la justification de l’utilisation de la dérogation par des commandes qui le nécessitent, conformément à la loi. Dans la négative toujours, il souhaiterait savoir pour quelles raisons des statistiques qui existaient en 2014 n’existent plus en 2021.

Le sénateur Arnaud Bazin l’a posée directement au Sénat le mardi 20 juillet.

La réponse du ministère de l’agriculture et de l’alimentation a été donnée par l’intermédiaire de Geneviève Darrieussecq, ministre déléguée chargée de la mémoire et des anciens combattants, également pro-corrida, pro-gavage et pro-chasses traditionnelles. (Note : Nous combattons l’abattage sans étourdissement depuis la création de l’OABA… Il fallait bien une ministre déléguée aux anciens combattants pour répondre…!)

La réponse est claire : les contrôles se font dans chaque département sur la base d’échantillonnages (espérons que les bases de ces échantillonnages sont au moins harmonisées…).
Il n’y a pas de collecte nationale depuis 2015… car le système informatique a été modifié !
Mais on note la possibilité d’une reprise de la collecte d’informations en 2022…

À la question : combien y a-t-il d’animaux abattus sans étourdissement chaque année en France, le Gouvernement est donc incapable de répondre !

À l’OABA, on sait en revanche qu’en 2021, 62% des abattoirs abattent des animaux sans étourdissement !

Et dans certains abattoirs visités récemment par nos auditeurs, la proportion de rituel atteint 80% pour les ovins et 60 % pour les bovins…
Merci Arnaud Bazin d’avoir suggéré au Gouvernement de réfléchir à l’introduction de l’étiquetage ; gageons que le Conseil d’État lui fera la même suggestion dans l’arrêt qu’il devrait rendre à la rentrée dans le cadre du contentieux initié par l’OABA.