Les Actions de l’OABA

contre l’abattage rituel sans étourdissement

Depuis sa création, l’OABA a fait de l’abattage sans étourdissement son principal cheval de bataille.
En effet, dès les années 1960, sa fondatrice Jacqueline Gilardoni avait été choquée par les pratiques barbares de l’égorgement sans insensibilisation.

C’est ainsi que l’OABA imposa en 1964 le décret dit d’ « abattage humanitaire » rendant obligatoire l’insensibilisation par étourdissement, avant la saignée de l’animal. Le but de cette étape est de garantir l’inconscience de l’animal lors de sa saignée et de lui éviter toute agonie.

Il existe néanmoins une dérogation pour l’abattage dit « rituel » en France : dans l’Islam et le Judaïsme, il est traditionnel de pratiquer un abattage avec égorgement sans aucune insensibilisation.

Pourtant, de nombreux pays notamment musulmans, ont fait interdire cette pratique d’un autre âge.

L’OABA lutte sans relâche pour que la France, à son tour, supprime cette dérogation, tout comme 7 autres États de l’UE.

Un abattage halal avec étourdissement réversible est possible. En ce qui concerne le casher, les instances religieuses sont beaucoup plus catégoriques : il semble que le « soulagement » post-jugulation (étourdissement juste après la saignée) soit le seul compromis qu’ils acceptent. Cependant, les viandes casher sont nettement plus minoritaires que les viandes halal en France.

Historique des principales actions de l’OABA contre l’abattage rituel sans étourdissement :

2020

L’OABA a entame une nouvelle action juridique visant l’absence d’étiquetage du mode d’abattage. Après avoir mis en demeure le Gouvernement de mettre un terme à la tromperie des consommateurs en février 2020, l’OABA introduit un recours devant le Conseil d’État en juin 2020, sans exclure une future saisine de la Cour européenne des droits de l’Homme.

Parallèlement, l’OABA lance une e-mobilisation citoyenne à destination des parlementaires.

2019

L’OABA a saisi le Conseil d’État afin de mettre un terme à la longue agonie des animaux égorgés lors d’abattages rituels, suite aux recommandations du CGAAER laissées sans suite par le Ministère de l’Agriculture.

L’OABA a lancé une opposition motivée contre la demande de modification des conditions de production en label rouge Gros bovins de boucherie, faisant disparaître le mot « étourdissement »…

L’OABA, la Fondation Brigitte Bardot et les syndicats vétérinaires ont publié une Tribune sur une page pleine dans le Monde : « Abattage sans étourdissement : en finir avec la souffrance animale et la tromperie des consommateurs ».

La Cour de justice de l’Union européenne, puis la Cour administrative d’appel de Versailles dans son arrêt rendu le 11 juillet 2019, ont donné raison à l’OABA dans le litige qui l’opposait à la France depuis 2012. Le label Bio et son logo ne sont pas compatibles avec des viandes issues d’animaux ayant fait l’objet d’un abattage sans étourdissement préalable, ne respectant pas les normes élevées de bien-être animal exigées par le cahier des charges « production biologique ».

L’OABA et la Fondation Brigitte Bardot ont organisé un colloque à propos de l’abattage sans étourdissement. L’objectif de ce colloque était de faire un état des lieux, en France et en Europe, et d’envisager des perspectives d’évolution pour un compromis acceptable, sans stigmatisation de toute communauté, mais sur le volet unique du respect de l’animal, être sensible.

2015

L’OABA et la Fondation Brigitte Bardot ont co-signé une lettre ouverte au Ministre de l’Intérieur pour lui rappeler que la pratique consistant à abattre les animaux sans étourdissement préalable est inacceptable, quelles que soient les circonstances. Nous avons demandé à être entendues dans le cadre des travaux portant sur l’abattage rituel et l’organisation de l’Aïd-el-Kebir, nos deux organisations étant, chaque année, sollicitées par les services de l’État pour intervenir sur de nombreux sites clandestins afin de recueillir les animaux voués au sacrifice.

2013

Depuis 2012, suite aux pressions de l’OABA, tout abattoir qui souhaite ne pas pratiquer l’étourdissement des animaux doit obtenir un agrément préfectoral spécifique. Est-ce à dire que tous les animaux égorgés sont désormais dirigés exclusivement vers les circuits de distribution halal et casher ? Non ! Les consommateurs continueront donc à acheter et à manger, à leur insu, de la viande provenant d’animaux égorgés sans étourdissement préalable sauf à ce que l’étiquetage du mode d’abattage ne devienne obligatoire. À cette fin, l’OABA soutient la proposition de loi sur un étiquetage « visant à informer le consommateur quant à l’origine des viandes issues des filières d’abattage rituel ». En attendant que cette proposition de loi soit inscrite à l’ordre du jour puis débattue, l’OABA a décidé de publier la liste des abattoirs pratiquant l’étourdissement des ruminants avant leur saignée. En 2013, 56% des abattoirs pratiquent l’abattage sans étourdissement.

L’OABA et One Voice ont commandé un sondage IPSOS. Il indique clairement que les Français veulent être informés sur les méthodes d’abattage des animaux. En outre, 85% des Français considèrent l’insensibilisation des animaux comme un élément primordial ou nécessaire de leur abattage.

2012

L’OABA aide la journaliste Anne de Loisy à réaliser un reportage inédit pour Envoyé Spécial, dans un abattoir, afin de révéler les conditions d’abattage des animaux et en particulier, la réalité de l’abattage rituel sans étourdissement.

2011

L’OABA participe à une vaste campagne de sensibilisation pour dénoncer la pratique cruelle de l’abattage rituel sans étourdissement préalable et la tromperie du consommateur.

2009

L’OABA intervient chaque année sur le terrain lors de l’Aïd el Kebir. En 2009, l’OABA a déposé plainte contre les organisateurs d’un abattage illégal dans les Bouches-du-Rhône où 2000 moutons étaient sacrifiés. Des peines de prison ferme ont été prononcées par le tribunal.

2001

Grâce à Maître Alain Monod, l’OABA obtient une décision importante du Conseil d’État par un arrêt rendu le 10 octobre qui annule la circulaire conjointe des ministres de l’Agriculture et de l’Intérieur autorisant des sites dérogatoires hors abattoir pour le déroulement de l’Aïd el Kébir.

1990

L’OABA obtient l’annulation par le Tribunal administratif de Paris d’un arrêté municipal autorisant l’abattage sur un terrain communal pendant la fête de l’Aïd el Kébir. C’est le début d’une longue lutte menée grâce à Me Alain Monod contre les sites dérogatoires qui fonctionnaient en infraction à la réglementation interdisant l’abattage en dehors d’un abattoir.

1964

Sous la pression de l’OABA, le 16 avril 1964 le décret “d’abattage humanitaire” rend obligatoire l’étourdissement des animaux de charcuterie et de boucherie, en prévoyant l’exception de l’abattage rituel.

1962

L’OABA lance une pétition, procédé peu employé à l’époque, et réunit en quelques mois plus de 150 000 signatures dont celles de personnalités et d’artistes, comme Edith Piaf. Cette pétition qui demande l’instauration d’un abattage humanitaire est illustrée d’une photographie pathétique qui sera prise en considération par le ministre de l’Agriculture, Edgar Pisani.

1961

L’année de sa création, l’OABA prépare déjà un projet de loi concernant l’abattage des animaux. Ce texte prévoit l’obligation d’un assommement, c’est-à-dire l’insensibilisation.